26 mai 2009

Nos amies les Abeilles...(1)

Les premières Abeilles sont apparues, il y a plus de 100 millions d’années, quand les fleurs ont fait leur apparition.

Les plus anciennes abeilles connues sont parvenues jusqu’à nous en parfait état de conservation, prisonnières dans l’ambre.

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Ces insectes vivaient dans l’actuelle région de la Baltique au cours de l’Eocène supérieur (environ 70 millions d’années).
Les formes fossiles appartiennent au genre éteint Electrapis. Ces fossiles sont très proches de l’abeille mellifère actuelle qui est sophistiquée.
On suppose donc que l’évolution des abeilles remonte beaucoup plus loin. On ne sait rien de l’ancêtre commun de tous les Apoïdés.

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Apis est un genre qui regroupe sept à neuf espèces d'insectes sociaux de la famille des Apidés (Apidae) et produisant du miel. C'est le seul genre de la tribu des Apini. Les membres de ce genre sont communément désignés par le terme abeille ou abeilles à miel, un terme qui inclut aussi des espèces d'autres genres.


On détermine généralement trois sous-genres :

    sous-genre Micrapis :
          Apis andreniformis
          Apis florea, ou abeille naine dont le miel est aussi parfois collecté sur des colonies sauvages.
    sous-genre Megapis :
          Apis dorsata, ou abeille géante dont le miel est aussi parfois collecté sur des colonies sauvages.
    sous-genre Apis :
          Apis cerana
          Apis koschevnikovi
          Apis mellifera, indigène d'Europe et d'Afrique, largement introduite sur d'autres continents comme l'Amérique et l'Australie est la principale espèce élevée pour la production de miel. Elle convient particulièrement à l'apiculture.
          Apis nigrocincta, présente en Asie, est également élevée à grande échelle.

Certaines variétés sont considérées comme domestiques.

On appelle parfois l'abeille « mouche à miel » bien que ce ne soit pas du tout une mouche d'un point de vue scientifique (diptères).

medium_041_20Morphologie_20abeille

Comme tous les insectes, le corps de l'abeille est divisé en trois :

    La tête qui porte :

    Deux grands yeux latéraux composés (4 000 facettes).
    Trois yeux simples ou ocelles.
    Deux antennes coudées comportant douze articles poilus.
    Un appareil buccal à la fois lécheur (possédant une langue) et suceur (formant un canal aspirateur).

    Le thorax formé de trois anneaux fusionnés, portant chacun une paire de pattes. Les six pattes de l’abeille se terminent par deux crochets, ainsi qu’un organe adhésif leur permettant de prendre prise sur de nombreux types de surfaces. L’abeille utilise également une sorte de peigne, composé de poils rigides sur ses deux pattes avant, pour nettoyer ses antennes. Ce nettoyage s’effectue lorsqu’elle y glisse ses antennes et relève la tête. Les pattes postérieures sont particulièrement adaptées à la récolte (brosse et peigne) et au transport (corbeille) du pollen. Sur les anneaux du thorax s'attachent deux paires d'ailes membraneuses à nervures peu nombreuses. (pendant le vol les postérieures, plus petites, sont reliées aux antérieures par une vingtaine de crochets chitineux, ce qui les rend solidaires). Ce n'est pas tout, sur ces anneaux, s'ouvre une paire de petits orifices pour la respiration : les stigmates servant à l'inspiration.

    L'abdomen formé de sept segments dont six sont apparents et composés de plaques rigides, une dorsale et une ventrale reliées latéralement par une fine lame chitineuse souple. Une lame du même type relie les segments successifs. Les segments 1 à 6 montrent des stigmates servant à l'expiration. Les segments 3 à 6 ont sous leurs plaques ventrales des glandes cirières. Chez les femelles, l'abdomen présente à son extrémité un aiguillon venimeux (le dard).

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Des études montrent que de nombreux insectes bougent les ailes en un mouvement continu et large (145 à 165 degrés), environ 200 fois par seconde. En revanche, les abeilles dessinent des arcs plus restreints (environ 90 degrés) et doivent donc compenser par une vitesse plus élevée, jusqu'à 240 battements par seconde, soit presque le double de ce que leur taille laisse prévoir.

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La biométrie (au niveau des abeilles) est l'étude des différents caractères physiques afin de déterminer la race de l'abeille. Cette étude n'aurait pas été nécessaire il y a quelques siècles, les différentes races d'abeilles étant réparties géographiquement, mais l'hybridation volontaire ou non, due à la pratique de l'apiculture en tant qu' élevage a perturbé cette répartition.

reine_d_abeilles(une reine)

La reine est le seul individu femelle fertile de la colonie. Elle provient d’un œuf fécondé identique à celui d'une ouvrière, mais pondu dans une cellule spéciale (cellule royale) plus vaste et ronde -- et non hexagonale comme celle des ouvrières. Tout au long de son développement, la larve sera nourrie exclusivement à la gelée royale, et c'est ce régime, et lui seul, qui lui permettra de devenir une reine. Les reines sont produites exclusivement au printemps, soit pour remplacer une reine vieillissante ou malade, soit pour un essaimage (qui n’a lieu que si la colonie est prospère et la météo favorable). Il semble que cela soit la transmission d'hormones par la reine, qui les dépose avec ses pattes en permanence dans la ruche qui soit le facteur déterminant son remplacement par la construction de cellules royales. Peu de temps après sa naissance, la jeune reine va entreprendre des vols nuptiaux. Elle va rejoindre un point de rassemblement, où se réunissent les mâles du voisinage, assurant ainsi la diversité génétique. Elle va s’accoupler avec plusieurs mâles, en plein vol, jusqu’à ce que sa spermathèque soit remplie. Les mâles qui l’auront fécondée vont tous mourir peu de temps après l’accouplement, leurs organes génitaux ayant été arrachés (leur rôle est terminé). La reine va conserver tout ce sperme dans sa spermathèque et restera ainsi fécondée pour le restant de sa vie (de quatre à cinq ans).

Elle possède un abdomen plus allongé que celui des simples ouvrières. Ce même abdomen possède moins de poils, lui permettant, de par sa taille, de pondre plus facilement dans chaque alvéole. Contrairement aux ouvrières, le dard de la reine ne possède pas de crochets et ne reste ainsi pas accroché dans la peau d'un animal lors d'une piqûre (évitant à la reine de mourir).

Il est rare de pouvoir observer une reine à l’extérieur, alors qu’il est relativement facile de la remarquer à l’intérieur d’une ruche : entourée de nombreuses ouvrières qui la protègent et la nourrissent.

Opened_queencell_0021(naissance d'une reine)

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Les ouvrières

Les abeilles produisent du miel grâce au nectar qu'elles récoltent sur les fleurs. Pour cela, elles le portent dans leurs jabots en attendant qu'elles arrivent à la ruche.

À l'intérieur d'une colonie, il y a division du travail et ces différentes activités sont effectuées par des ouvrières d'âges différents. Au cours de sa vie, une ouvrière change de tâche.

En été, la vie d'une ouvrière est brève (5 à 6 semaines) et elle occupe les postes suivants au cours de sa vie :

    nettoyeuse : 24 heures après sa « naissance » (mue imaginale), elle nettoie les alvéoles libérées à la suite des éclosions.
    nourrice : à partir du 4e jour, elle nourrit les larves âgées ; au 6e jour, elle nourrit les larves jeunes avec la gelée royale qu'elle est capable de régurgiter.
    travailleuse d'intérieur : du 10e au 18e jour, l'ouvrière s'occupe indifféremment :
          de la mise en réserve des récoltes (pollen et nectar), elle est magasinière,
          de la ventilation de la colonie, elle est ventileuse et contribue à l'évaporation de l'eau contenue dans le nectar qui se transforme en miel
          de l'operculation des alvéoles,
          de l'entretien : nettoyage, rejet à l'extérieur des corps étrangers, des individus morts et mal formés, calfeutrage des fentes avec de la résine récoltée sur certains bourgeons : la propolis. Pendant cette période, les jeunes ouvrières apprennent à s'orienter à l'extérieur et à retrouver leur colonie.

    cirière : les glandes situées sous l'abdomen peuvent sécréter de la cire à partir du 21e jour. La cire apparaît sous forme de petites plaques entre les quatre derniers segments de l'abdomen. Les ouvrières cirières la malaxent à l'aide de leurs mandibules et travaillent alors en groupe à l'édification des nouvelles alvéoles.

    gardienne et rappeleuse : c'est aussi vers le 18e jour que l'ouvrière devient capable de défendre l'entrée de la colonie ou bien d'assurer l'expulsion des mâles devenus inutiles. C'est à ce moment qu'elle peut en relevant son abdomen et en battant des ailes, émettre des odeurs (grâce aux glandes de Nassanov) qui assurent l'orientation des plus jeunes ouvrières, elle assure alors la fonction de rappeleuse. Ce sont également des ouvrières âgées de trois semaines qui soignent et nourrissent la reine.

    butineuse : à partir du 20e jour et jusqu'à sa mort, l'ouvrière participe à la récolte du nectar et du pollen. Elle visite les fleurs, suce le nectar qu'elle transporte dans son jabot avant de le régurgiter. Dans le jabot, le nectar subit un début de digestion qui contribue à le transformer en miel.

    Il faut butiner environ 5 500 000 fleurs pour obtenir un kilogramme de miel. Suivant les besoins, elle récolte aussi du pollen. Avec ses mandibules, elle broie alors les anthères des étamines puis, grâce à l'adaptation de ses pattes postérieures, avec ses brosses, elle rassemble les grains de pollen en une grosse pelote qu'elle place dans la corbeille où de longs poils la maintiennent. À son retour, la butineuse dépose elle-même sa récolte ou la confie à une magasinière.

    C'est aussi à son retour qu'elle indique à ses compagnes, par des danses, la distance et la direction de sa zone de récolte. D'autre part, l'odeur dont l'abeille est imprégnée renseigne les autres sur l'espèce des fleurs butinées.

    Une observation attentive d'une colonie montre cependant qu'en temps normal un grand nombre d'abeilles ne font rien de spécial, comme une main d'œuvre en réserve procurant à la colonie une faculté d'adaptation.

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(merci à le dictionnaire .com)

Les faux-bourdons

Les mâles, appelés aussi faux-bourdons ou encore abeillauds, sont plus volumineux que les femelles et ils sont produits du printemps au début de l’été. Ils ne participent pas à la récolte du nectar ou du pollen, ayant une langue trop courte pour butiner les fleurs. Ils n'ont pas de dards, donc ils sont sans défense. Ils ne sécrètent pas de cire d'abeille, de venin ou de gelée royale. Pour certaines espèces, on en compte environ 2 500 par colonie, ils proviennent du développement d'ovules non fécondés : ils sont donc haploïdes et n'ont pas de père. Ils ne sortent habituellement que pour la période de reproduction.

Leur rôle se limite strictement à la fécondation des jeunes reines (vol nuptial). Ceux qui ont la « chance » de s’accoupler à une reine meurent peu de temps après. Quant aux autres faux-bourdons, les ouvrières cessent à la fin de l’été de nourrir ces bouches inutiles et, de plus en plus affaiblis à mesure que l’automne approche, ils finissent par être impitoyablement rejetés de la ruche et par mourir, épuisés. Ils ont des yeux qui comportent 7000 facettes.

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Les larves

L'œuf fécondé est pondu par la reine au fond d’une cellule. Il éclot trois ou quatre jours après la ponte. La larve est d’abord nourrie avec de la gelée royale, liquide sécrété par les glandes nourricières des ouvrières, puis par un mélange de pollen et de miel. Dix jours après la ponte, la larve a fini sa croissance, la cellule est operculée avec de la cire. La larve s’enveloppe d’un cocon. Douze jours plus tard, une jeune abeille sort enfin de sa cellule, elle a sa taille et son aspect définitifs. Trois semaines environ se sont écoulées depuis la ponte.

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(merci à Stephen Dalton)

Le système d'organisation

L’observation de nombreux faits et phénomènes liés à la vie des abeilles montre que leur organisation obéit à des principes d’économie sans faille, et qui seraient sûrement jugés parfaitement totalitaires s’ils étaient appliqués à des sociétés humaines !

Quelques exemples :

    les ouvrières sont entièrement dévouées à la communauté et meurent toutes à la tâches;
    les mâles également, dont le rôle est strictement limité à celui de reproducteurs (effectifs ou potentiels) ;
    lorsque la reine est trop vieille pour pondre correctement (ponte limitée, ou absence de fécondation de la reine qui entraîne la ponte exclusive d'individus mâles), les abeilles la tuent pour en élever une autre, afin de permettre à la colonie de survivre ;
    les gardiennes de la ruche n’hésitent pas à se sacrifier en attaquant des ennemis mieux armés qu’elles ; elles meurent généralement quand elles piquent, car elles ne peuvent survivre à la perte de leur dard ;
    une jeune reine à peine sortie de son alvéole tue immédiatement ses sœurs plus jeunes, la ruche ne pouvant pas se permettre, pour sa survie, de nourrir deux colonies en même temps .
    Lorsqu’une jeune reine va éclore, c’est la vieille reine qui, avec l'aide des ouvrières qui l’accompagnent, prend tous les risques en quittant la ruche, l’essaimage se produisant sans aucune garantie de relogement décent ;
    tout individu improductif est éliminé sans délai : mêmes les larves sont éjectées de la ruche si, après un épisode de printemps précoce qui a encouragé les vieilles ouvrières (qui ont survécu au long hiver) à démarrer l’élevage de printemps, survient un retour du froid qui condamne à terme la viabilité des larves ainsi mises en route ;
    quand la saison est trop avancée pour que ne soient pas compromises les chances de survie d’une colonie qui, venant à perdre sa reine, devrait pour la remplacer élever sans délai une nouvelle reine (qui doit être élevée pendant seize jours puis fécondée avant de pouvoir redémarrer au plus vite la ponte et l’élevage de nouvelles générations d’ouvrières destinées à la protéger pendant le prochain hiver), les ouvrières cessent de nourrir les mâles dont l’utilité en tant que reproducteurs disparaît ;
    la forme hexagonale de la section des alvéoles est optimale quant à la quantité de cire nécessaire pour en élever les parois ;
    dès les années 1712, il a été établi (par l’astronome Maraldi, neveu de Jean-Dominique Cassini) que le fond des alvéoles, qui n’est pas plat mais composé de trois losanges égaux juxtaposés, présente des losanges dont les angles ne font pas respectivement 120° et 60°, mais 109° 28' et 70° 32', les alvéoles situées sur l’une des faces des rayons n’étant pas placées en face de ceux de la face opposée mais de façon décalée (l’axe d’une alvéole d’une face est toujours situé dans le prolongement de l’intersection de la paroi commune à trois alvéoles contiguës de l’autre face). Or on peut démontrer que cette propriété correspond pour les alvéoles à un volume maximum pour une surface donnée : la quantité de cire utilisée est donc parfaitement minimisée.

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Dans une cavité naturelle ou dans une ruche, toute la vie de la colonie s'articule autour de la reine. Une colonie sans reine est condamnée à disparaître; cependant, une reine seule ne peut rien, car elle est incapable d'assurer l'élevage des larves.

Par sa présence, la reine empêche le comportement de construction d'alvéoles royales et bloque le fonctionnement ovarien des ouvrières. Dans le cas de la mort d'une reine, les ovaires de certaines ouvrières (appelées ouvrières pondeuses), dont les phéromones de la reine empêchaient jusque-là le développement (« castration chimique »), vont commencer à produire des œufs ; mais, comme ce sont des femelles non fécondées, leurs œufs ne donneront que des mâles (c'est un cas particulier de parthénogenèse). On aura donc une ruche « bourdonneuse » qui finira par mourir en l'absence de nouvelle reine.

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Merci à  Passion nature 78  pour ses photos.


La prochaine fois, je traiterai du sujet : le miel

en attendant, je vous souhaite une excellente journée.


Posté par solenade à 09:22 - Insectes - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires

    Que dire ? Epoustouflant et pourtant tu sais que je n'aime pas beaucoup les photos d'insectes. Nous en avons beaucoup plus cette année que les années précédentes.

    Posté par Danièle, 26 mai 2009 à 11:47
  • Très intéressant !!!merci pour toutes ces infos!
    Bisous.
    saphia.

    Posté par saph, 27 mai 2009 à 16:59
  • la photo au dessus du dessin de la riche est ahurissante!!!!
    c'est quoi toutes ces "bulles"???
    elle est magnifique!!!!
    comment t'as fait????
    elle est trop belle et mystérieuse en même temps...

    et toute ton explication sur les abeilles est passionnante..
    bravo pour ce travail de documentaliste hyper précis!!!

    bonne journée

    Posté par melusine, 28 mai 2009 à 11:54

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